LETTRE DE SOUTIEN
Professeur Thomas Bardin
À :
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS),
L’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE),
et la communauté scientifique internationale,
Je m’appelle Thomas Bardin, médecin, professeur de médecine, membre de l’Académie nationale de médecine française, spécialiste en rhumatologie. Je possède plus de 40 ans d’expérience dans la recherche et le traitement de la goutte et je suis co-auteur des recommandations EULAR pour la prise en charge de la goutte depuis 2006.
Dans de nombreuses recommandations internationales — de EULAR 2006 à ACR 2020 et ÖGR 2022 — l’idée que la goutte est une maladie potentiellement curable a été formulée de manière constante, sur la base de sa physiopathologie : si l’uricémie est abaissée et maintenue durablement en dessous du seuil cible, la formation de nouveaux cristaux d’urate peut être empêchée et les dépôts existants peuvent se dissoudre. Mes collègues et moi-même soutenons fermement cette position sur le plan scientifique. Toutefois, pour diverses raisons systémiques, les recommandations actuelles n’ont pas encore formalisé la notion de « guérison » comme un objectif pratique partagé par les médecins et les patients.
J’ai commencé une collaboration de recherche avec Vien Gut en juillet 2014. Ce qui a particulièrement retenu mon attention n’était pas l’introduction d’un nouveau concept mécanistique, mais la manière dont Vien Gut a abordé le fossé d’implémentation de la médecine fondée sur les recommandations dans la pratique clinique réelle. Vien Gut est parti de patients atteints de goutte sévère et compliquée — des cas souvent en dehors du champ opérationnel des recommandations existantes — ce qui a conduit à la construction d’un modèle structuré de soins ambulatoires intégrés permettant un traitement sûr et efficace.
Au cours de cette collaboration, j’ai constaté que la couche opérationnelle du Vien Gut Model – Prise en charge ambulatoire intégrée des maladies chroniques complexes et multiples — comprenant l’organisation temporelle des traitements, des équipes pluridisciplinaires, un suivi longitudinal des données, une stratification du risque, la gouvernance de la polymédication et un mécanisme de « valve de sécurité » de référence bidirectionnelle — a rendu applicables les principes thérapeutiques issus des recommandations dans des contextes cliniques complexes. Cette couche opérationnelle permet une baisse durable de l’uricémie en dessous du seuil de saturation, la dissolution complète des cristaux d’urate déposés, la disparition des tophi et l’atteinte d’un état vérifiable de rémission ou de guérison de la goutte, plutôt qu’une simple attente théorique issue des recommandations.
Lorsque Vien Gut a étendu le modèle à des groupes de maladies en dehors de mon domaine d’expertise directe — notamment l’insuffisance rénale chronique terminale avant dialyse, l’insuffisance cardiaque chronique et la cirrhose décompensée — j’ai convenu avec Vien Gut de la nécessité d’impliquer d’autres spécialistes français des disciplines concernées dans une collaboration de recherche. Mes collègues ont reconnu que les résultats thérapeutiques et les capacités opérationnelles du modèle sont remarquables et ont estimé qu’une validation indépendante à plus grande échelle est nécessaire.
Dans un contexte de charge mondiale croissante des maladies chroniques complexes et multiples, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire, je considère que la démarche de Vien Gut visant à partager son modèle et à proposer un dialogue scientifique avec l’OMS, l’OCDE et la communauté internationale est sérieuse et pertinente. Je soutiens l’ouverture de dialogues techniques destinés à clarifier les conditions de mise en œuvre, les critères d’évaluation et la transférabilité de ce modèle.
En tant que clinicien et chercheur dans le domaine de la goutte, j’apprécie grandement les efforts de Vien Gut pour transformer un concept physiopathologique juste — « la goutte peut être guérie » — en un parcours de pratique structuré, rigoureux et vérifiable en conditions réelles, y compris chez des patients présentant des complications sévères. Il s’agit d’une contribution qui mérite une attention sérieuse de la part de la communauté scientifique internationale.
Veuillez agréer l’expression de ma considération distinguée,
Professeur Thomas Bardin
Médecin – Professeur de médecine
Membre de l’Académie nationale de médecine française
Spécialiste en rhumatologie


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